La solidarité de la Bretagne tout entière doit être mobilisée
Sans surprise nous avons appris la décision de M. Antoine Perrin, directeur de l’Agence Régionale d’Hospitalisation, de transférer à Rennes les activités d’allogreffes et de neurochirurgie pédiatrique assurées par le CHU de Brest. Si cette décision est motivée par des considérations de rentabilité financière qui blessent le serment d’Hippocrate, elle ne répond certainement pas à des préoccupations de bonne gestion du budget de la santé puisque le CHU de Brest dispose non seulement des personnels parmi les plus compétents de France mais aussi de 14 chambres stériles récentes alors que des investissements coûteux sont à prévoir au CHU de Rennes.
La décision du directeur de l’ARH est scandaleuse du point de vue de l’intérêt des malades et de leurs familles. Elle l’est aussi du point de vue démocratique. D’abord parce qu’elle fait fi du vote favorable au maintien des services d’allogreffes et de neurochirurgie pédiatrique à Brest prise par le Comité Régional de l’Organisation Sanitaire (CROS) le 13 novembre 2007. Ensuite, parce qu’elle est le fait d’un fonctionnaire qui n’a pas de comptes à rendre aux citoyens et à leurs représentants élus. De ce point de vue, il faut obliger la ministre de la Santé à rompre le silence et à assumer cette décision ou, comme nous l’espérons tous, à l’annuler.
Il faut souligner que dans ce douloureux dossier comme dans d’autres, Brest et la Bretagne occidentale pâtissent à la fois du découpage régional qui maintient la Loire-Atlantique en dehors du ressort de la Bretagne administrative et du déficit de pouvoir régional. En effet, si la Bretagne retrouvait son cinquième département et si la Région, qui a le souci d’un aménagement équilibré du territoire, avait un pouvoir d’intervention dans l’organisation de la carte sanitaire, il est bien évident que nous ne nous retrouverions pas dans la situation absurde voulue par l’ARH, à savoir deux services d’allogreffes et de neurochirurgie pédiatrique à Rennes et à Nantes, distants l’une de l’autre d’à peine 100 km, et près de 2 millions de Bretons occidentaux délaissés.
La solidarité de la Bretagne tout entière doit être requise pour permettre au CHU de Brest de continuer à pratiquer des allogreffes, dans l’intérêt des enfants concernés et de leurs familles.
Christian GUYONVARC’H
Vice-président du Conseil régional de Bretagne
Chargé des affaires européennes et internationales
Christian GUYONVARC’H
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